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Un chant, une Histoire : Les Corons : Quand un stade chante son histoire

  • Photo du rédacteur: Anthony zabe
    Anthony zabe
  • il y a 3 jours
  • 3 min de lecture

À la mi-temps de chaque match du RC Lens au Stade Bollaert, le temps s'arrête…

Une marée d'écharpes se dressent et il est l’heure pour les 38000 supporters Lensois de chanter à l’unisson, un chant mythique : “Les Corons”. 

Plus qu’un chant, c’est une mémoire vivante que je vais vous raconter aujourd’hui.



Pierre Bachelet : La voix du Nord


Derrière ce chant mythique se cache un homme : Pierre Bachelet.


Né à Paris en 1944, il grandit pourtant avec le Nord dans le cœur. Sa famille, ses racines, ses souvenirs… tout le ramène à cette terre où il passera une partie de son enfance.   

Très attaché à sa région, il décide de retranscrire cet amour et ses souvenirs dans ses chansons. En 1982, il dévoile un tube devenu classique : “Les Corons”. Les paroles de cette chanson racontent bien plus qu’un métier, mais un train de vie. Celui des mineurs, de leurs familles, de leur quotidien fait de labeur, de solidarité et de fierté.

À l’heure où les mines ferment et où toute une région bascule, la chanson devient un hommage pour cette profession devenue l’un de ses symboles.


Pierre Bachelet auteur des Corons
Pierre Bachelet auteur des Corons

Du charbon aux tribunes : La naissance d’un hymne


Quelques années plus tard, cette chanson va trouver un second souffle… au stade.


À Lens, le football est bien plus qu’un sport. C’est le reflet de l’identité Lensoise à travers son club. Dans les années 90, les Ultras du RC Lens sont les premiers à entonner ce chant qui les représente si bien. 

Puis en 1998, tout bascule. Le RC Lens remporte son seul et unique titre de Champion de France et ce tube prend une toute autre dimension. Ce soir-là, les joueurs et les supporters ne font qu’un et c’est comme une évidence que tout le stade reprend en cœur “Les Corons”. À l’époque, beaucoup de joueurs du club étaient encore des fils ou des petits-fils de mineurs et ce chant prend encore plus de sens.

En 2005, Pierre Bachelet est malheureusement décédé d’un cancer… Un vibrant hommage lui est réservé par le RC Lens et ses supporters le 19 février 2005 lors d’une rencontre face au FC Nantes. Sa chanson mythique est entonnée par les 38000 fans Lensois et le club annonce que “Les Corons” devenait l’hymne officiel du club. 



Depuis, à chaque match au Stade Bollaert, le rituel est impérissable. Le chant est repris a cappella, porté par des milliers de voix. Un frisson unique en France.


Le chant d’un peuple


Ce chant a été adopté par les supporters Lensois comme une évidence.

Il raconte une histoire et cette histoire est la leur. Celle d’un héritage transmis par leurs parents et leurs grands-parents qui ont connu des décennies de crise économique. 

Durant cette période, la fraternité, la solidarité et la fierté ont été les symboles de leur résistance face à la crise. 

Cette vie de “labeur”, c’est celle racontée par Pierre Bachelet dans “Les Corons”. Il y a de la  peine, mais aussi beaucoup d'orgueil. Quand on est Lensois, ces paroles font sens et sont foncièrement associées à leur club. 

Les supporters Sang et Or se ressentent dans ce chant et pour la plupart d’entre eux il fait écho à leur histoire personnelle. Les fans sont attachés à ce passé minier et le revendiquent fièrement.  

À Lens, chanter ce morceau, ce n’est pas juste encourager une équipe. C’est revendiquer une identité


Aux origines d’un club pas si populaire


Et pourtant, tout n’était pas écrit.

Si le RC Lens est un club populaire, avec une forte identité ouvrière, ce n’était pas le cas à ses débuts. Lors de sa création en 1906, ce sont les bourgeois du centre-ville qui en sont à l’origine. 

Le tournant arrive dans les années 1930. En 1934, la Société des Mines de Lens rachète le club et son identité ouvrière prend forme. Progressivement, les mineurs s’approprient ce sport, les tribunes se remplissent et le football devient une distraction populaire. Le RC Lens devient un moyen de s’évader et d’échapper aux dures conditions de travail du quotidien.

Ainsi, une nouvelle identité naît à Lens, marquée par une ferveur populaire, ouvrière et humaine.



 
 
 

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